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Acteurs culturels : entrons dans la voie de la résilience

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L 16 novembre 2020

Accélérateur culture / © Yogendra

La Culture est au point mort, sous respirateur artificiel. Et pourtant, paradoxalement, nous en avons rarement autant “consommé”. Certes, principalement par le biais des écrans et du numérique, mais tout de même. La culture représente ainsi un enjeu fort dans les événements que le monde traverse aujourd’hui, en devenant un exutoire pour beaucoup d’entre nous. Il apparaît donc primordial de se mobiliser pour permettre à tous les acteurs de cette filière de rebondir.

Ce n’est un secret pour personne : plus on est “armé”, outillé, pour faire face aux aléas, mieux on résiste et plus on maîtrise son destin. En cela, il semble intéressant de se demander comment les acteurs culturels peuvent-ils tenter de mieux affronter la crise ? De quels outils, de quelles “armes”, doivent-ils se doter pour se prémunir de ces événements imprévus ?

Il semblerait que l’une des clefs réside dans l’entrepreneuriat. Mais détrompez-vous, nous n’avons pas l’ambition ici de relancer l’impétueux débat autour de l’entrepreneuriat culturel (nous vous recommandons d’ailleurs cet article si le sujet vous intéresse). Beaucoup plus modeste, le texte que vous parcourez actuellement a pour but de proposer une solution (et non pas LA solution) : celle de s’inspirer des compétences propres aux entrepreneurs – voire (osons le dire !) des start-uppeurs – pour les amalgamer, puis les déployer dans la filière culturelle et toute sa chaîne de valeur (notamment les studios de développement, éditeurs, prestataires techniques et spécialisés, réseaux de distribution…).

Les aides ne pourront (malheureusement) pas tout

Certains l’appellent le grand sacrifice. Malgré la mobilisation exceptionnelle de plus de 5 milliards d’euros, dans le cadre du plan de relance du gouvernement (toutes les infos sur soutien ici), la crise économique va très certainement laisser une grande partie des acteurs de la filière culturelle sur le carreau. Et une nouvelle crise pourrait avoir raison d’une autre partie de ses acteurs.

Il devient donc aujourd’hui crucial pour les porteurs de projets culturels de structurer, identifier et travailler des modèles économiques hybrides et pérennes. Si vous êtes un néophyte en entrepreneuriat, cette expression peut notamment se traduire par l’idée de ne pas placer tous ses œufs dans le même panier. Autrement dit, développer un modèle économique hybride permet de renforcer la robustesse d’un projet, de le prémunir face aux imprévus, qu’il puisse vaciller sans pour autant tomber.

Ouvrir ses chakras d’entrepreneurs

“Scale up”, “disruptif”, “business model”… La caricature du start-uppeur a toujours la dent dure dans l’inconscient collectif.  À cette figure ubuesque, peut s’opposer celle – aux antipodes – de “l’artiste maudit”, celui qui ne vit que de – et pour – son œuvre. Seulement, en y regardant de plus près, la réalité apparaît nettement plus nuancée : on le voit d’autant plus en ce moment, l’acteur culturel est bien souvent un entrepreneur qui s’ignore. “Les artistes constituent encore la base de la culture. Cette population est sans doute celle qui a le plus l’habitude de prendre des risques“, écrit notamment Steven Hearn, l’un des pionniers de l’entrepreneuriat culturel (article à lire ici)

Créatifs et innovants, nombre d’entre eux ont testé récemment de nouvelles initiatives, parfois risquées économiquement, pour contourner les obstacles liés à la situation actuelle. Preuve en est avec la mise en place généralisée du click & collect un peu partout en France récemment.

Ne serait-il donc pas l’heure de faire son “coming-out” ? De prendre de la hauteur ? Ou d’ouvrir ses chakras d’entrepreneurs pour changer de paradigme ? La filière culturelle a très probablement encore de nombreux enseignements à tirer du monde des startups, et notamment cette capacité à être agile et à s’adapter quand cela s’avère nécessaire, pour surmonter les obstacles.

L’union fait la force… mais il faut voir large !

Dur, dur de maintenir en ce moment un projet culturel à bout de bras, souvent au sein d’une petite équipe. Le contexte a heureusement eu pour bénéfice (au moins) de resserrer les liens entre les acteurs culturels, dans tous les secteurs et à tous les stades de la chaîne de valeur. Et pourtant, force est de constater que ce n’est pas assez.

Alors, comment optimiser cette force ? Grâce à l’intelligence collective pardi ! Encore peu utilisé dans le secteur culturel, le design thinking s’avère pourtant être un énorme facilitateur pour résoudre des problèmes et innover. Mais cette démarche doit néanmoins être partagée au sein de groupes pluridisciplinaires. Autrement dit, sortir de sa zone de confort en intégrant des parties prenantes plus éloignées, au-delà du premier cercle d’acteurs (ici culturels donc).

Outre le design thinking, et plus globalement, intégrer des réseaux inédits et se tourner vers de nouveaux acteurs devient aujourd’hui un enjeu majeur pour favoriser davantage l’intelligence croisée, s’inspirer des expertises issues d’autres domaines.

Il est temps de développer son propre vaccin : en étant accompagné ?

Pour entrer de plain-pied dans cette voie de la résilience, et lancer ce grand chambardement, les acteurs culturels – du moins ceux qui le souhaitent – ont dorénavant plus que jamais besoin d’un accompagnement de poids, au long court. Une épaule qui saura les mener vers une reprise d’activité, pour pallier l’urgence, mais aussi les remettre dans le sillage d’un développement vertueux, solide et pérenne de leurs projets.

De nombreuses structures, à l’instar de L’Accélérateur Culture de la Samoa (dont l’appel à candidatures est en cours jusqu’au 4 janvier 2021 à Nantes), proposent aujourd’hui ce type d’accompagnement sur le territoire. Leur objectif n’est absolument pas d’en faire de futurs entrepreneurs du CAC 40, mais bien de leur permettre de mieux s’armer et s’outiller face à la crise, pour gagner en agilité et savoir s’adapter quand cela s’avère nécessaire (et possible !). Alors, faisons-nous confiance les uns des autres, restons optimistes… et passons le pas !?

Texte rédigé par Maud Amand, responsable de L’Accélérateur Culture de la Samoa

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